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La Samaritaine rouvre après avoir fait une solide cure de jouvence et d’amaigrissement

La Samaritaine rouvre après avoir fait une solide cure de jouvence et d'amaigrissement

La Samaritaine, c’est tout un pan de l’histoire de Paris et de ses grands magasins. Elle débute, en 1870, juste avant les heures sombres de la Commune de Paris. Elle aurait pu s’arrêter là comme les autres tentatives commerciales de son fondateur Ernest Cognacq.

Mais, inspirée des méthodes du Bon Marché d’Aristide Boucicault et sous l’impulsion de la femme d’Ernest Cognacq, Marie-Louise Jaÿ, la mayonnaise prend.

Et, dans les années 60, la Samaritaine, qui doit son nom à la fontaine éponyme, démolie en 1813, qui se trouvait près du pont Neuf depuis l’époque d’Henri IV, pouvait dire selon son slogan bien connu : 

On trouve tout à la Samaritaine.

Las, après la disparition du couple fondateur et malgré les efforts de la famille Renant qui a hérité des rênes de l’entreprise, la Samaritaine s’enfonce, petit à petit, dans le marasme. Et comme le dit une ancienne employée, Rosine Sanglard, âgée aujourd’hui de 72 ans :

Beaucoup de clients ont vieilli avec la Samaritaine.

En 2005, fin de l’aventure et c’est à Bernard Arnault, le repreneur, que revient le triste privilège de baisser le rideau. Commence alors une longue période de 16 années pour repenser et remettre à flot La Samaritaine du XXIème siècle.

La nouvelle image de la Samaritaine

Combats juridiques, combats sanitaires, la nouvelle Samaritaine a dû faire face à de nombreux défis avant même de pouvoir ouvrir à nouveau ses portes, hier, mercredi 23 juin 2021.

Pour reprendre les mots de Rosine Sanglard : 

Le magasin actuel, ce n’est plus du tout ce que l’on a connu. C’est du super luxe. Très beau. On est complètement dépaysé. La seule chose qui n’a pas changé, ce sont les fresques et les escaliers. 

Aux architectes Frantz Jourdain, à l’origine des parties Art nouveau, Henri Sauvage, pour les parties Art déco, a succédé le grand cabinet d’architecture japonais Sanaa, Prix Prizker 2010. Sous ses crayons, La Samaritaine s’est transformée en un grand ensemble immobilier ultra moderne comprenant :

  • Un magasin de 20 000 m2.
  • Un palace à l’enseigne du Cheval Blanc de 72 clefs.
  • Quatre restaurants, dont l’un a été confié au chef étoilé Arnaud Donckele.
  • 96 logements sociaux.
  • Une crèche.
  • Des bureaux.

Une inauguration 5 étoiles pour la Samaritaine

On comprend sans peine la satisfaction et la fierté du maître des lieux, Bernard Arnault, qui a déboursé plus de 500 millions d’euros dans leur rénovation, lorsqu’il dit au moment de l’inauguration du nouveau temple du luxe, entouré de tous les membres de sa famille, dont Xavier Niel :

Je vois en ce lieu un triple symbole du génie français. Celui du génie artistique, du génie architectural et du génie économique.

Sous de tels auspices, son objectif d’atteindre 5 millions de fidèles par an d’ici 2 ans paraitrait presque trop timide. Ce n’est pas pour rien qu’il est demandé aux vendeurs et aux vendeuses du nouvel Eldorado de maîtriser au moins 3 langues étrangères.

D’ailleurs, seule une dizaine des anciens employés ont pu revenir sous la grande verrière si chère à leur coeur. Quant au président de la République, Emmanuel Macron, également à l’honneur pour l’occasion, pour lui, la réouverture de la Samaritaine ne représente ni plus, ni moins : 

(Qu’) une métaphore parfaite du moment que nous sommes en train de vivre.

Written by News France

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