La maire de Paris, Anne Hidalgo, se porte candidate à la présidence

La maire de Paris, Anne Hidalgo, se porte candidate à la présidence

Anne Hidalgo, de Cadix à l’Elysée

Anne Hidalgo est née dans la ville de Cadix San Fernando, en Espagne, il y a 62 ans. Elle a la double nationalité franco-espagnole. Sa famille quitte le régime franquiste et émigre pour des raisons économiques en France dans les années 1960.

Anne Hidalgo est maire de Paris depuis 2014. Elle va officiellement annoncé dimanche sa candidature à la présidence de la République française.

Le socialiste Anne Hidalgo tentera de briser la dualité de l’actuel président, de centre-droit Emmanuel Macron, et de sa principale opposition, l’extrême droite Marine Le Pen.

La maire représente une gauche qui va au-delà de sa formation, le Parti socialiste (PS) : un spectre idéologique qui comprend des sociaux-démocrates  mais aussi des écologistes.

Une idée clé dans la candidature est l’autonomie des villes contre l’exercice du pouvoir centralisé du palais de l’Elysée.

Jean-Louis Missika, l’ancien directeur adjoint d’Hidalgo à la mairie lors de son premier mandat et aujourd’hui directeur éditorial du groupe de réflexion Terra Nova estime :

Anne Hidalgo s’appuie fortement sur le PS et les maires : pour une vraie décentralisation, les maires doivent vaincre le pouvoir central.

Si elle gagne, c’est avec l’idée que la nature de la gouvernance française doit changer.

Et si elle gagnait, Anne Hidalgo serait la première femme présidente de France et la première présidente née à l’étranger. Le maire a la double nationalité française et espagnole, explique le journaliste Serge Raffy dans la biographie  “ANNE HIDALGO – UNE AMBITION QUI VIENT DE LOIN”, récemment publiée.

 

Anne Hidalgo : une ambition qui vient de loin

Tout d’abord, d’Andalousie où elle est née. Un lieu où son grand-père a subi de cruelles persécutions pendant et après la guerre, et où son père a vécu dans la jeunesse dickensienne. La jeunesse d’Hidalgo est toute couverte par cette légende familiale : “n’oubliez jamais la guerre civile et le franquisme.”

En second lieu, c’est la banlieue ouvrière de Lyon, où la famille Hidalgo s’installe à la recherche d’opportunités économiques. La candidate n’a pas fréquenté les établissements d’enseignement d’élite. La famille croit aux valeurs de la République et de la laïcité. 

Son père était un ouvrier, un prolétaire. “Et elle a vécu dans sa jeunesse et son adolescence avec un père qui avait visuellement peur d’un accident de travail.” Selon le biographe Raffy. Ce contexte explique pourquoi Anne Hidalgo devient  inspectrice du travail.

 

Troisièmement : Paris. Anne Hidalgo y fait une carrière politique et, notamment maire. Elle aspire à une révolution verte, bouleversée par la pandémie. Mais elle a aussi une image d’un leader polarisant. 

Et enfin, peut-être une dernière partie : l‘Elysée. Ce ne sera pas facile. Dans les sondages, elle atteint à peine 10 % des intentions. Loin du second tour, dans lequel sont classés les deux candidats Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

 

PS, un parti obsolète

Autre problème, le PS est devenu obsolète. Et la gauche se divise. Plusieurs candidats souhaitent se présenter à la présidentielle. Or ensemble, ces postulants totaliseraient environ 30% des voix. Mais si les républicains, les écologistes et les socialistes ne soutiennent pas Hidalgo, ils risquent de se neutraliser.

Frédéric Dabi, directeur général de l’institut démographique de l’Ifop explique :

Personne ne sait si Anne Hidalgo peut gagner.

Sept mois avant le vote, comme c’est le cas aujourd’hui, il y a eu des élections présidentielles dans lesquelles tout était écrit. Mais il y en a eu d’autres qui ont créé la surprise.

À ce stade, il y a cinq ans, Macron était une hypothèse isolée. Et Alain Juppé était supposé être le candidat gagnant des Républicains.

Anne Hidalgo a peut-être une image présidentielle. C’est une femme. Elle dirige la première ville de France. Hidalgo a une bonne image à l’international. Elle représente le socialisme et l’écologie

 

Le chemin à suivre pour l’Elysée

Jean-Louis Missika  a joué un rôle central dans la campagne de réélection d’Hidalgo aux élections municipales de 2020. Il était adjoint (apparenté au groupe PS) au maire de Paris. Chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité.

Il décrit le chemin du retour possible. 

  • Premièrement : gagner le combat avec les écologistes. C’est-à-dire demander aux écologistes de la rejoindre. Ou du moins de choisir un candidat écologiste qui soutiendrait Hidalgo.
  • Deuxièmement : devenir un vote utile. Cela exigeait une remontée des sondages d’Anne Hidalgo. Ce qui obligerait les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, le candidat populaire, à concentrer leur vote sur le candidat ayant le plus de chance.
  • Et numéro trois : parions sur la candidature d’Eric Zemmour.  Elle affaiblira incontestablement Mme Le Pen. Effectivement, Zemmour pourrait prendre des voix à Le Pen. La chute de Le Pen laisserait la place à Hidalgo. Ou alors un candidat de la droite traditionnelle comme l’ancien ministre Xavier Bertrand pourrait aussi se qualifier.

Il y a beaucoup de conditions mais la victoire est possible. Et puis, même une défaite avec un bon résultat donnerait de l’oxygène au SP fatigué.

L’élection présidentielle de 2022 n’est pas forcément la fin de l’histoire. Elle peut aussi être une répétition pour la suivante, en 2027.

 

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