La gauche française croit en Anne Hidalgo

Les socialistes français se sont récemment réunis dans un château de la Loire pour un week-end de débat. Il en est sorti qu’Anne Hidalgo, la maire charismatique et controversée de Paris, serait candidate à l’élection présidentielle de l’année prochaine.

 

Madame la Présidente : Anne Hidalgo

Orateur après orateur, tous réunis dans la cour du château de Blois, se sont tournés vers Mme Hidalgo. Ils lui disent qu’ils avaient tous imaginé « Madame la Présidente », en insistant sur la dernière syllabe centralisée « e » indiquant la forme féminine. A ce jour, la Ve République a réuni huit “présidents” masculins sur six décennies.

Mais il ne s’agit pas de la seule statistique contre Mme Hidalgo, 62 ans. La plupart des sondages donnent moins de 30 % des suffrages à gauche. Points répartis entre les socialistes, les écologistes et les divers partis de gauche. La “gauche” qui était autrefois fière, est évoquée.

Je crois en des fondations solides et j’y travaille. Si les fondations sont solides, la maison tient debout.

Son dernier livre, « Une Française », paraîtra le 15 septembre. L’annonce de sa candidature semble arriver à peu près à ce moment-là.

On ne sait pas si la candidature d’Hidalgo peut galvaniser la gauche. Contre Emmanuel Macron, président du centre, et Marine Le Pen, la candidate du rassemblement national. 

 

Anne Hidalgo : fille d’immigrés

Anne Hidalgo est fille d’immigrés pauvres espagnols, produit d’un modèle français intégré. Modèle largement remis en cause aujourd’hui. Maire socialiste- écolo, avec une politique favorable au vélo et hostile à l’automobile. 

Si elle peut être appréciée à Paris, en province, cependant, elle est relativement méconnue. Or, “La France profonde“, ou l’âme rurale du pays, est un crédit important pour tout président. Jacques Chirac, d’abord maire de Paris puis président, avait lui, noué nombre de ses relations avec la région sud-ouest de Corrèze.

Carole Delga, la présidente socialiste populaire de la région sud-ouest Occitanie qualifie Anne Hidalgo de “capitaine fort” de la gauche. Olivier Faure, le chef du Parti socialiste exhorte la foule de Blois à se souvenir de “l’effervescence de 1981“. Victoire qui a amené François Mitterrand et la gauche au pouvoir pour la première fois sous la Ve République.

A huit mois des élections d’avril 2022, la gauche aura besoin d’une arrivée très soudaine de personnel et d’unité pour avoir une chance de gagner.

Ne sachant pas comment s’attaquer aux dépenses excessives de la France en matière de sécurité et d’immigration, laissons l’indifférence de la gauche permettre à M. Macron de s’incliner correctement pour les votes.

« La division est une perte », a déclaré Benoît Hamon, qui n’avait obtenu que 6,36 % des voix en tant que candidat du Parti socialiste en 2017. « Nous ne serons pas au second tour de l’élection présidentielle s’il n’y a plus un seul candidat. »

 

Une bataille qui fait rage

D’autres ont des idées différentes. Parmi eux, Jean-Luc Mélenchon, leader de l’extrême gauche française Unbowed. Des leaders verts dont Yannick Jadot et Eric Piolle. Et les socialistes en colère, car ils le voient comme des tentatives d’installer Mme Hidalgo avant une primaire du parti commençant le 18 septembre.

À ce jour, personne n’a montré beaucoup d’envie de se retirer.

Comme François Hollande, ancien président des socialistes, l’a récemment noté, « L’unité ne crée pas le pouvoir. C’est le pouvoir qui crée l’unité ». Et jusqu’à présent, le côté gauche semble être dépourvu d’élan ou de conviction qui fournit la force. Par conséquent, la pression socialiste semble être rapidement derrière Mme Hidalgo et changer la conversation.

Nous faisons tous partie de la même famille. Mais nous avons été touchés par la crise climatique et les problèmes de politique identitaire.

Depuis un an, la gauche se bat pour savoir si le modèle universel français apparemment incolore, celui qui a accueilli Mme Hidalgo et l’a poussée, fonctionne toujours, ou s’il s’agit d’un camouflage du racisme et de l’hypocrisie.

La bataille s’est imposée sur un certain nombre de dossiers, dont la décision du syndicat des étudiants français de tenir des réunions « non mixtes » afin que certains groupes, noirs ou musulmans, par exemple, puissent partager leurs points de vue et doléances exprimées.

M. Mélenchon, le leader d’extrême gauche, n’a vu aucun problème. Julien Bayou, secrétaire national du principal parti écologiste, a qualifié les réunions d’«utiles et nécessaires». Mais Manuel Valls, ancien Premier ministre socialiste, a déclaré à la radio Europe 1 : «Quand vous organisez des réunions racistes, vous justifiez la notion de race, et c’est inacceptable.»

Ce point de vue faisait écho à une grande partie du courant socialiste dominant, sans parler de toute la droite erratique.

 

Des thèmes centraux

Voici les types de divisions que doit surmonter Mme Hidalgo.

La mairie de Paris est clairement universelle. Je crois passionnément à la réputation pour le bien du modèle français qui a profité à des millions d’immigrés, avant qu’un afflux massif de musulmans en Afrique du Nord ne présente des défis trop fréquents.

A Blois, Mme Hidalgo a enfin embrassé les thèmes centraux de sa campagne. L’urgence d’une transformation créatrice d’emplois pour faire face au changement climatique. Et la lutte contre « les inégalités qui font perdre confiance aux institutions de la République ». 

Un bébé aujourd’hui n’aurait pas la même chance que moi.

Si les défis de gauche semblent terribles, ils ne sont peut-être pas encore assurables. À huit mois des élections de 2017, M. Macron avait une chance lointaine. Mme Hidalgo, en partenariat avec les Verts, a battu un candidat du parti de M. Macron à sa réélection à la mairie de Paris en 2020. Elle a une séquence tactique impitoyable.

La pandémie prolongée et les problèmes économiques semblent avoir créé le désir d’un État fort en Europe et aux États-Unis. Le soutien à la solidarité sociale à travers le capitalisme mondial sans restriction augmente. Olaf Scholz, le candidat social-démocrate, est l’un des principaux candidats aux élections allemandes de ce mois-ci. Aux élections régionales françaises de juin, les socialistes ont bien fait.

Pourtant, le terrorisme, l’insécurité, les peurs et les perceptions d’une immigration débridée mettent la pression sur le pays. Il n’y avait pas de réponse claire à gauche, ni de Mme Hidalgo, ni de personne.

Le château de Blois est important dans l’histoire de France car en 1429, Jeanne d’Arc s’y arrêta pour obtenir une bénédiction avant d’aller contre la Grande-Bretagne à Orléans. Son nom est venu, bien sûr, alors que les socialistes français semblent prêts à faire confiance à une femme confrontée à des campagnes difficiles et à toutes les chances.

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