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30 novembre 2020

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Lagardère : Saison 1, Épisode 3, le feuilleton continue !

Lagardère : Saison 1, Épisode 3, le feuilleton continue !

Le fonds Amber et le groupe Vivendi, propriété de Vincent Bolloré, viennent de conclure un pacte d’actionnaires. Ensemble, ils contrôlent désormais 45 % du groupe Lagardère. Leur objectif est de renforcer suffisamment leur présence au sein du conseil de surveillance du groupe Lagardère. En effet, s’ils réussissent à obtenir 6 sièges, lors d’une prochaine AG, ils pourront résilier la commandite contrôlée par Arnaud Lagardère et LVMH. Rappelons que c’est cette commandite qui, jusqu’à présent, décide de l’avenir du groupe.

Pourtant tout semblait avoir été réglé, le 5 mai dernier. Ce jour là, le fonds Amber, présidé par Joseph Oughourlian, avait échoué dans sa tentative de renouveler le conseil de surveillance. Du fait, principalement, de l’opposition de Vincent Bolloré, nouvel actionnaire de référence, de Nicolas Sarkosy et de Guillaume Pépy, nouveaux membres du conseil de surveillance.

Lagardère en embuscade

Oui, mais voilà, c’était sans compter la volonté personnelle d’Arnaud Lagardère. Celui-ci a su convaincre Bernard Arnaud, du groupe LVMH, de prendre 25 % du capital de la commandite. Selon des observateurs bien informés, pas forcément un cadeau pour le magnat du luxe, compte tenu de l’importance de la dette de la commandite. Mais, un soulagement certain pour le gérant de la commandite, responsable, sur ses biens propres, de sa dette.

Or, cette arrivée du groupe LVMH dans la commandite heurte de plein fouet les intérêts de Vincent Bolloré. En effet, si les deux milliardaires sont à peu près d’accord sur la répartition à venir des actifs de Lagardère dans le Retail, le Duty free et les médias, il n’en est pas de même dans l’édition.

L’avenir du groupe Hachette sur la sellette

L’un et l’autre veulent mettre la main sur le poids lourd qu’est Hachette. Avec des objectifs radicalement différents.

D’où le changement de pied de Vincent Bolloré et sa nouvelle alliance avec le fond Amber. Celle-ci garantit, entre autres, à l’un comme à l’autre un droit de préemption sur les actions détenues par l’un et l’autre. Reste à contraindre les autres parties à réunir une autre Assemblée Générale avant que le mandat de la commandite sur le groupe ne soit renouvelé en mars 2021.

Ce qui est loin d’être gagné. En effet, les équipes qui s’affrontent s’activent dur dans les coulisses des tribunaux. En attendant, le groupe Lagardère devient chaque jour qui passe, de plus en plus, ingouvernable. On vient d’en avoir un exemple avec la paralysie du rachat du groupe d’édition américain Simon and Schuster. LVMH le soutient, mais Vivendi n’en veut pas.

Cette situation n’est pas sans inquiéter en haut lieu. Il y va de l’exception culturelle française. Le fait est que Hachette est le premier groupe d’édition français et qu’il se classe au 6ème rang mondial. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’on dise que le dossier figure en bonne place sur le bureau de la nouvelle Ministre de la Culture et que l’Élysée le suit de très près.