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9 mai 2021

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Tati c'est fini

Linge de maison en abondance

En 1948, Jules Ouaki (marchand juif tunisien) ouvre le premier magasin Tati sur le Boulevard de Rochechouart, 48m2, puis s’agrandit à Barbès. Il choisit Tati pour l’anagramme de Tita, le surnom de sa mère (Tita étant déjà une marque déposée). Mais aujourd’hui Tati c’est fini !

Tati était plus qu’un magasin, c’était une attraction, un nouvel univers marchand. La marque joue sur l’accumulation, l’abondance. La foule a le droit de toucher la marchandise.

Une saga familiale

Une réussite par le commerce. Jules Ouaki s’établit en France après la seconde guerre mondiale. Considéré comme le fondateur du Discount, il ouvre sa boutique au milieu d’hôtels sordides.

Son magasin est ouvert sur l’espace public, il supprime la frontière de la vitrine. Tout le monde peut rentrer ou sortir dans la boutique. Avec des « bacs de fouille » où on peut toucher la marchandise, dès le trottoir.

Dès le démarrage, Tati est différent de l’univers marchand existant. A l’époque, les boutiques sont fermées, pour certaines on doit même sonner ou frapper pour rentrer. Une fois à l’intérieur, on est obligé d’acheter.

Tati vend alors du linge de maison et de la lingerie : « le collant à 1 franc » attire à la fois la bourgeoise, l’ouvrière et l’étudiante. Le marché s’étend aux vêtements et bazar pour la maison.

1983, Jules Ouaki meurt d’un cancer à 67 ans. Ses 5 fils se disputent la succession et se déchirent pendant plusieurs années.

17 septembre 1986 : attentat devant un magasin Tati (7 morts, 55 blessés) la crainte s’installe et les clients désertent.

1991 : Fabien Ouaki prend la succession par décision de sa mère. Tati devient une marque, déclinée en bijoux, robes de mariées, confiseries… Tati devient alors le plus grand vendeur de robes de mariées de France.

” On trouve toujours des pépites, des jerseys… beaucoup plus joli que certains tissus de grands fabricants “

Jean-Paul Gaultier.

Tati passe un partenariat avec le grand couturier Azzedine Alaïa. Celui-ci créé une collection s’inspirant du vichy blanc et rose, portée dans les défilés par Naomie Campbell. On retrouve en magasin ces espadrilles, cabas et t-shirt.

1993 : « la rue est à nous », nouvelle marque de vêtement pour passer du « cheap au chic ». La clientèle habituelle n’adhère pas à ces prix trop élevés. Tati veut côtoyer la “Haute”.

 

Déclin de Tati

Des mauvais choix, l’arrivée d’autres discounters, d’enseignes internationales peu chères (avec le même principe de pouvoir toucher la marchandise, l’essayer, l’échanger…) rend Tati moins compétitif, moins exclusif. C’est la fin de la saga familiale.

2004 : vente au groupe Ventura, sans plus de succès.

2010 : ouverture du site Web sous le groupe Eram.

2017 : reprise par le groupe Gifi.

Juillet 2020 : Fermeture des derniers magasins, dont celui de Barbès. Tati, c’est fini !

L’immeuble est à vendre. Le Monde,16 février 2021:

” Dans le quartier, chacun espère que l’immeuble renoue avec l’effervescence d’antan “