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Emmanuel Faber, ex-PDG de Danone et auteur de sa transformation en entreprise à mission, s’explique

Emmanuel Faber, ex-PDG de Danone et auteur de sa transformation en entreprise à mission, s'explique

Coup de tonnerre, mi-mars, chez Danone. Emmanuel Faber est évincé de la direction de Danone. Soutenu par Franck Riboud, actionnaire historique du groupe, il est d’abord nommé Directeur général en 2014. Puis, c’est la consécration avec sa nomination comme PDG en 2017. Mieux même. Il parvient en 2020, avec une très forte majorité, à faire de Danone, la première entreprise à mission du CAC 40.

Mais, ce 9 juin, c’est un homme seul qui est entendu par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Il doit s’y exprimer sur le mode de gouvernance des grandes entreprises et son expérience de l’entreprise à mission. Comment en est-on arrivé là ? Deux facteurs peuvent l’expliquer.

D’abord, Danone a été plus bousculé que ses concurrents par la crise sanitaire. La fermeture des bars et des restaurants lui a porté un rude coup. Ce qui ne l’a pourtant pas empêché de maintenir son rendement par action autour de 3,3 % et de verser aux actionnaires 58 % de ses bénéfices. Mais voilà, le plan stratégique Local First concocté par Emmanuel Faber n’a pas convaincu. Les actionnaires n’ont pas cru qu’il pouvait ramener la marge opérationnelle du groupe à 15 % au prix de la suppression de 1500 à 2000 postes dans le monde.

Pourtant Emmanuel Faber promettait de le faire dès 2021 ! Et pourtant ce plan était inspiré par les conclusions d’une mission commandée au grand cabinet de consulting McKinsey ! Pas plus d’ailleurs que la séparation des fonctions entre Président du Conseil d’Administration et Directeur Général, voulus par les actionnaires, n’a été jugée suffisante pour redresser le tir !

Rôle clef des fonds activistes

Oubliées les performances passées ! A commencer par le positionnement du groupe parmi les tous premiers groupes mondiaux du secteur avec un chiffre d’affaires de 24 milliards d’euros. Mais, par contre, les arguments développés principalement par deux fonds activistes, l’américain Artisan Partner, conseillé par Jan Benninck, un ex-cadre dirigeant de Danone, et l’anglais Bluebell Capital, ont fait tilt.

Bien qu’ils ne soient entrés au capital du groupe, il n’y a seulement que quelques mois.  Et en plus, avec des participations ne dépassant pas 3 % du capital ! Pour eux, apparemment, les objectifs financiers ne sont guère compatibles avec ceux d’une société à mission. Et peut-être aussi pour les investisseurs en général pour lesquels un tel statut ne semble pas déterminant.

Sur les 16 membres du conseil d’administration, parmi lesquels figurent le fonds Blackrock et le Crédit Agricole, ils n’ont été que 5 à soutenir Emmanuel Faber. Et parmi les cinq, ne figurait même pas Franck Riboud

Rejet de l’entreprise à mission ?

Rappelons qu’une entreprise à mission est un nouveau statut juridique introduit dans le droit des sociétés par la loi Pacte de 2019. Ce nouveau statut, qui existe aux Etats-Unis depuis 2010, autorise les entreprises à ajouter une finalité sociale et environnementale à leur raison sociale. Il s’inscrit dans la mouvance du capitalisme responsable

Moralité? Emmanuel Faber est remplacé par un duumvirat. Il est constitué de Gilles Schnepp, comme Président du Conseil d’Administration, et d’Antoine de Saint-Affrique, comme Directeur Général. Par ailleurs, tiens donc, Gilles Schnepp a rappelé son attachement au plan Local First. 

Alors ? Où peut être le hiatus ? Peut-être faut-il le chercher dans le management jugé rugueux d’Emmanuel Faber. Et que c’est ce management qui a finalement été la goutte d’eau, bien sûr, qui a fait debordé le vase. Comme quoi, de bonnes intentions ne suffisent pas à tout. Ne dit-on pas justement que :

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Written by News France

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