Mikis Theodorakis, compositeur grec et marxiste rebelle, est décédé à 96 ans

Mikis Theodorakis est né le 29 juillet 1925 sur l’île de Chios en Grèce est décédé jeudi 2 septembre à Athènes. Des agents du gouvernement I’emprisonne et le torture, au cours de la guerre civile grecque (1946-1949). Ceci à cause de son engagement au Parti communiste de Grèce (KKE).

Il tient un rôle de porte-parole de l’opposition à la dictature des colonels de 1967 à 1974. Ce qui lui vaut d’être arrêté le 21 août 1967.

 

Mikis Theodorakis à Paris

Le gouvernement européen déclare à la Grèce qu’il violait son traité sur les droits de l’homme. Et appelle la junte grecque à mettre fin à la torture, à libérer les prisonniers politiques et à organiser des élections libres. Les coroners rejettent l’appel, mais libère M. Theodorakis.

La libération de M. Theodorakis a été rendue possible par la mesure d’amnistie prise par le gouvernement grec à la veille de Noël. M. Theodorakis s’exile, lui et sa famille, à Paris. Il est alors hospitalisé et soigné pour la tuberculose.

Trois mois plus tard, il dirige le London Symphony Orchestra dans sa triomphale « Marche de l’Esprit ». Les émotions de la foule se sont déversées. “C’était comme si Zorba lui-même était là”, écrivait Newsweek à l’époque.

À la fin, le public ne l’a pas laissé partir ; longs applaudissements, acclamations et cris rythmés de Theodorakis ! Théodorakis ! Le public le rappelle cinq fois. 

 

Son combat contre les dictatures

Le concert lance la campagne de quatre ans de M. Theodorakis pour renverser pacifiquement la junte. Parcourant le monde, il donne des concerts sur tous les continents pour récolter des fonds pour la cause de la démocratie grecque.

Il obtient le soutien des leaders culturels et politiques. Au Chili, il rencontre le président marxiste du pays, Salvador Allende, et le poète Pablo Neruda. Il compose plus tard des musiques pour « Canto General », Neruda, pour son histoire du Nouveau Monde d’un point de vue hispanique.

Tous les grands du monde le reçoive. Le président égyptien Gamal Abdel Nasser, le maréchal yougoslave Tito, le dirigeant palestinien Yasser Arafat et le président français François Mitterrand. Le leader suédois Olof Palme, le chancelier ouest-allemand Willy Brandt.

Et, évidement par sa vieille amie Melina Mercouri, l’actrice devenue ministre de la Culture en Grèce. Tous promettent leur aide. Artistes et écrivains du monde entier deviennent des alliés.

En 1973, avec la pression internationale et une population civile mobilisée, la junte tremble. Une mobilisation étudiante à Athènes se transforme en un soulèvement ouvert. Des centaines de civils,  sont blessés. Certains même mortellement, lors d’affrontements avec les troupes.

Le colonel Papadopoulos s’investi. Et la nouvelle ligne dure de la loi martiale est appliquée. En 1974, la junte s’effondre. Alors que des officiers supérieurs de l’armée retirent leur soutien.

En quelques jours, M. Theodorakis rentre chez lui en triomphe. Une foule nombreuse l’accueille. La radio diffuse depuis constamment sa musique. 

Jack Lang, ancien ministre de la Culture, ami de Míkis Theodorákis dit:

Il était vraiment une icône de la Grèce.

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